Le chirimenjako, ou simplement chirimen, est une petite sardine ou anchois blanc (shirasu), bouilli puis séché partiellement, jusqu’à obtenir une texture souple mais légèrement ferme. Il est l’un des ingrédients emblématiques du Japon : on le retrouve dans les bentō, sur le riz, dans les salades, ou utilisé comme topping savoureux dans de nombreux plats.

Plus sec et plus concentré que le shirasu frais, mais plus moelleux et moins dur que le kamaage-shirasu ou le shirasuboshi, le chirimenjako se distingue par sa texture semi-sèche et son goût iodé équilibré, à mi-chemin entre le frais et le salé.

🧬 Origine et étymologie

  • Chirimen signifie littéralement “crêpe”, en référence à la texture fine et légèrement plissée des petits poissons séchés (analogie avec les tissus de soie crêpée).

  • Jako est un terme régional japonais pour désigner de petits poissons (généralement juvéniles).

  • Ensemble, chirimenjako désigne les alevins de sardine ou d’anchois bouillis et semi-séchés, de 1 à 3 cm.

Il est particulièrement populaire dans l’ouest du Japon, notamment dans la région du Kansai, à Shikoku, Wakayama, ou encore Okayama, où il est souvent vendu frais ou encore tiède, en sachets dans les marchés.

🔬 Méthode de fabrication

  1. Capture des alevins :

    • Il s’agit généralement de sardines japonaises (Engraulis japonicus ou Sardinops melanostictus), récoltées au stade larvaire.

  2. Cuisson dans l’eau bouillante salée (shōjaku) :

    • Très rapide, pour fixer la couleur blanche et éliminer les bactéries.

  3. Égouttage et séchage partiel :

    • À l’air libre ou au séchoir, jusqu’à 50–60 % d’humidité, ce qui les rend souples et malléables, mais plus durables que le shirasu frais.

  4. Emballage immédiat ou utilisation artisanale :

    • Parfois agrémentés de sanshō, de graines de sésame, ou d’autres condiments.

🧂 Goût et texture

  • Goût :

    • Iodé, légèrement salé, avec un umami prononcé mais doux, sans amertume.

    • Saveur proche d’un bouillon de poisson naturel, mais en version solide.

  • Texture :

    • Moelleuse, souple, légèrement résistante à la mâche, parfois un peu caoutchouteuse si très sec.

    • Peut varier selon le degré de séchage.

Riz frit Chirimenjako🥣 Usages culinaires

En garniture (okazu) :

  • Sur du riz chaud (chirimen gohan) : simple et courant dans les repas maison.

  • Dans les onigiri : pour leur goût intense et leur longue conservation.

  • Dans les salades froides ou de daikon râpé (daikon oroshi).

  • Saupoudrés sur des pâtes japonaises (udon, somen).

chirimen sansho

Dans des plats mijotés :

  • Chirimen sanshō : version mijotée avec sanshō (cf. description précédente).

  • Mélangés avec des légumes sautés, du tofu ou du konjac.

  • Parfois cuits à sec à la poêle pour les rendre plus croustillants.

En snack sec :

  • Parfois grillés à sec avec du mirin et du sucre pour en faire un “tsukudani” (garniture douce-salée pour riz).

🧪 Valeur nutritionnelle (pour 100 g)

Composant Valeur approximative
Énergie 110–150 kcal
Protéines 20–25 g
Lipides 3–5 g (dont oméga-3)
Calcium 500–900 mg (!)
Fer 1–3 mg
Sodium élevé (sel de cuisson)
Vitamine D présente
Iode, phosphore élevés

→ Excellent apport en calcium, protéines et iode, souvent recommandé dans l’alimentation des enfants et des personnes âgées.

🧊 Conservation

  • Au réfrigérateur : quelques jours pour les versions semi-sèches.

  • Au congélateur : plusieurs mois.

  • Plus sec = plus stable à température ambiante.

  • Il faut éviter l’humidité pour ne pas altérer le goût.

🎎 Portée culturelle

  • Ingrédient très courant dans les repas quotidiens japonais, symbole de la sobriété gastronomique.

  • Présent dans de nombreux bentō maison, souvent associé à des plats végétaux.

  • Peut être considéré comme aliment réconfortant, notamment chez les personnes âgées ou les familles rurales.

  • Fait l’objet de productions artisanales locales dans les régions maritimes du Japon.

GUIDE DES ALIMENTS.COM | ALL RIGHTS RESERVED | ©

Leave A Comment