Le chirimen sansho est un accompagnement traditionnel japonais composé de jeunes poissons séchés (chirimen jako) légèrement mijotés avec du poivre sanshō (Zanthoxylum piperitum), de la sauce soja, du mirin et du saké. Il est généralement servi sur du riz chaud, utilisé en garniture d’onigiri, ou dégusté comme okazu (accompagnement de repas).

Ce mets combine :

  • la saveur umami marine des petits poissons (souvent des sardines immatures),

  • la chaleur citronnée et anesthésiante du sanshō,

  • et une sauce douce-salée riche et concentrée.

🐟 Étymologie

  • Chirimen désigne ici les petits poissons séchés, notamment les shirasu (alevins de sardines, d’anchois ou de harengs).

  • Sanshō est le nom japonais du poivre japonais, une baie verte très parfumée, de la même famille que le poivre du Sichuan.

Ensemble, chirimen sansho désigne donc littéralement : “jeunes poissons séchés cuits avec du sanshō”.

🧂 Ingrédients traditionnels

Ingrédient Rôle
Chirimen jako (jeunes poissons séchés) Base protéinée, goût iodé-umami
Sanshō (baies ou feuilles) Parfum citronné, effet piquant-anesthésiant
Shōyu (sauce soja) Salinité et umami
Mirin Douceur et brillance
Saké Arôme et moelleux
Sucre (optionnel) Équilibre sucré-salé

On utilise parfois aussi du gingembre râpé, du dashi ou des zestes d’agrumes japonais (yuzu, sudachi) pour accentuer la fraîcheur du plat.

Chirimen sansho

🔪 Préparation artisanale

  1. Rincer et dessaler légèrement les chirimen jako, pour adoucir leur goût.

  2. Blanchir ou prétraiter les grains de sanshō (ou utiliser du sanshō confit ou en conserve).

  3. Cuire à feu doux les poissons dans un mélange de sauce soja, mirin, saké, sucre et sanshō.

  4. Laisser mijoter jusqu’à évaporation du liquide, en remuant délicatement pour éviter de casser les poissons.

  5. Refroidir, puis conserver au réfrigérateur ou sécher légèrement pour une texture plus sèche.

Il existe aussi une version sèche (presque comme une furikake moelleuse) et une version plus moelleuse à consommer rapidement.

👃 Goût et texture

  • Goût :

    • Umami profond, salé-sucré, avec une arrière-bouche poivrée et citronnée.

    • Parfum intense de sanshō, à la fois frais, mentholé et résineux.

  • Texture :

    • Moelleuse et un peu fibreuse pour les poissons.

    • Légère piqûre anesthésiante sur la langue due au sanshō.

→ L’ensemble est très équilibré et addictif, avec une complexité rare pour un condiment de riz.

🍙 Usages culinaires

  • Chirimen sanshoSur du riz blanc chaud (plat typique du petit-déjeuner ou d’un repas frugal).

  • Dans des onigiri (boulettes de riz).

  • Sur du tofu froid, des œufs brouillés ou dans des bentō.

  • Parfois utilisé comme garniture pour des plats de pâtes japonaises ou des légumes vapeur.

→ Peut aussi être utilisé comme condiment d’assaisonnement dans une cuisine fusion moderne.

🧪 Valeur nutritionnelle (indicative, pour 30 g)

Élément Valeur approximative
Énergie 70–100 kcal
Protéines 8–12 g
Glucides 4–6 g (selon sucre ajouté)
Lipides 1–3 g
Sodium Élevé (attention à l’hypertension)
Fibres peu présentes, sauf avec sanshō entier

→ Bonne source de protéines animales légères et d’oméga-3, mais relativement salé.

🎎 Portée culturelle

  • Spécialité associée à la région de Kyoto (notamment dans les boutiques de tsukemono ou de ryōtei traditionnels).

  • Reflète le raffinement de la cuisine japonaise des saisons, par l’utilisation de petits poissons de printemps et de sanshō vert frais (en mai-juin).

  • Très apprécié des adultes, personnes âgées, et connaisseurs de cuisine japonaise familiale.

  • Présent dans les omiyage (cadeaux alimentaires) haut de gamme vendus dans les gares et les grands magasins.

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